Quoi faire ?

Il ne parle pas de sa maladie… et moi ?

Quand on apprend la maladie d’un proche, on sait que pendant un temps indéfini la relation que l’on aura avec lui sera différente, moins légère. Que ce soit avec notre conjoint, un membre de sa famille, un ami ou un collègue de bureau, quand la maladie est là un certain malaise peut malheureusement s’installer. Pourquoi ? Peut-être parce que la personne ne parle pas de sa maladie. Alors, on se demande : « Est-ce à moi d’évoquer le sujet ? Est-ce que je dois taire mes questions ou au contraire les assumer ? Est-ce que son silence signifie que je ne suis pas la personne appropriée pour en parler ? ».

Afin de vous aider à y voir plus clair, voici les bons conseils de notre experte, Julie Stephan, praticienne de la relation d’aide.

Oser communiquer

Quelques soient les raisons de votre proche de ne pas évoquer la maladie, osez communiquer avec lui et ce dès l’annonce du diagnostic. Plus tôt vous arriverez à montrer votre soutien, plus vous installerez un lien solide et fiable entre vous. La personne verra que vous n’avez pas peur d’aborder le sujet et c’est ça le plus important. Si c’est difficile et que vous êtes pudique ou mal à l’aise avec le sujet, vous pouvez lui dire d’une certaine façon. Par exemple : « Je viens d’apprendre que tu es touché(e) par la maladie, j’aimerai pouvoir t’aider mais je ne sais pas quoi faire. J’aimerai trouver les mots mais je n’y arrive pas. S’il te plait, dis moi comment t’aider. Je suis là. »

Utilisez pour ça les différents modes de communication adaptés à votre relation et aussi avec lesquels vous êtes le plus à l’aise pour dire les choses et faire passer les messages : téléphone, tête à tête, sms, mail, cartes postales, vidéo, petit colis…

Entretenir cette communication tout au long de l’épreuve

Alors oui, c’est vrai, ce n’est pas forcément toujours évident. Vous avez votre vie et au quotidien peut-être tendance à oublier la maladie. Pour entretenir la communication tout au long de l’épreuve, anticiper tant que possible les besoins de votre proche si vous voulez vraiment lui faire plaisir. Cette personne n’aura alors même pas à demander et vous pourrez lui apporter des réponses qui peuvent la soulager et lui apporter du bien-être. Par exemple : « Un massage te ferait-il plaisir ? Ce soir je m’invite et je m’occupe de tout. Je ne suis pas très loin, je vais faire des courses, tu as besoin de quelque chose ? Je suis là. Je pense à toi. Ne lâche rien. » Ces petites phrases attentionnées sont de vrais rayons de soleil et des soutiens incommensurables dans le combat contre la maladie.

Si la situation devient trop difficile, si ça fait raisonner trop de choses en vous, n’hésitez pas à vous faire accompagner, à en parler avec un autre proche ou un groupe de soutien d’aidants car c’est une épreuve pour vous aussi.

Le plus dur sera toujours votre silence

Alors osez, communiquez, aimez et félicitez-vous parce que vous participer activement à rendre la vie de votre proche plus douce et plus belle.