Améliorer son bien-être, Quoi faire ?

Traitements, effets secondaires… en savoir plus pour comprendre et soulager !

Kirsten Schubel, pneumologue spécialisée en cancérologie thoracique, spécialiste dans l’accompagnement des femmes qui ont eu un cancer et qui veulent accomplir leur vie (Projets d’Cœur), nous explique brièvement les différents traitements, leurs effets secondaires et nous livre ses conseils pour améliorer le bien-être pendant un cancer.

cancerKirsten, pourrais-tu nous expliquer brièvement les différents traitements d’un cancer et leurs effets secondaires ?

Chaque cancer est unique et les protocoles mis en place sont vraiment propres à chaque patient. Il existe cependant quatre grandes familles de traitements possibles : la chimiothérapie, la radiothérapie, l’hormonothérapie et la chirurgie…

La chirurgie a pour principe de retirer « le gros » de la tumeur, sa totalité quand c’est possible (ce qui est le plus souvent le cas). Ses effets secondaires sont très dépendants de la localisation de cette chirurgie, mais peuvent inclure des douleurs postopératoires, une insensibilité de la zone quand les nerfs cutanés sont touchés, une perte de fonction selon l’organe opéré (par exemple ménopause lors de l’ablation des ovaires).

La chimiothérapie est l’administration par voie veineuse ou orale d’un médicament qui va empêcher les cellules tumorales de se développer, où qu’elles soient dans le corps. Elle est utilisée en cas de maladie métastatique, ou pour diminuer le risque de rechute par métastase après une maladie localisée. Les effets secondaires et leur intensité sont dépendants du mécanisme d’action du médicament et de chaque personne. Parmi eux il y a la fatigue, les nausées, la perte des cheveux, les sécheresses cutanées, la fragilité des ongles, les aphtes… cette liste est non exhaustive malheureusement !

La radiothérapie est l’application de rayons (le plus souvent X, comme les radios et scanners) mais en intensité très importante sur les zones malades. Ses effets secondaires sont de la famille des brûlures, notamment sur la peau. A plus long terme, on peut observer l’apparition de « fibrose », une sorte de cicatrisation interne parfois incontrôlée et compliquée. Encore une fois, les symptômes dépendent fortement de la localisation de la radiothérapie.

L’hormonothérapie est utilisée pour bloquer les récepteurs hormonaux qui existent dans certains cancers (du sein, de la prostate) et / ou empêcher la fabrication des hormones sexuelles naturelles. Il s’agit d’une « castration chimique », d’une « ménopause temporaire provoquée » et les effets secondaires sont ceux de la ménopause : bouffée de chaleur, fatigue. Certains présentent également des douleurs diffuses.

En tant que médecin, que conseilles-tu aux patients pour améliorer leur bien-être ?

Prendre soin de leur corps et de leur esprit, ainsi que de la relation entre les deux. Mais ce n’est pas toujours facile en tant que médecin de dire aux gens de faire cela autrement qu’avec des médicaments… Le message est parfois mal reçu. Cela dépend vraiment de chaque personne. Certaines vont être plutôt bien physiquement mais n’auront pas du tout le moral. Je vais leur conseiller de parler avec leurs proches, de parler avec des professionnels, des gens qui vont pouvoir leur apporter une aide psychologique… De l’autre côté il y a des personnes qui vont avoir un meilleur moral mais qui subissent physiquement beaucoup d’effets secondaires des traitements. A ces personnes-là je vais leur donner des conseils adaptés en fonction de chacun des symptômes.

Par rapport à ces symptômes justement, aux effets secondaires des traitements, quelles solutions naturelles conseilles-tu ?

En cancérologie thoracique nous avons beaucoup de problèmes de sécheresse cutanée. Dans ces cas-là je conseille beaucoup de crème hydratante et d’utiliser des savons surgras. Quand les personnes me demandent des conseils à propos des médecines douces, de l’acupuncture ou de l’hypnose par exemple, je leur dis d’essayer en fonction de leur sensibilité, tant que cela vient en complément des traitements classiques.
Ce que nous utilisons aussi à l’hôpital c’est l’aromathérapie, notamment en fin de vie avec les massages à l’huile de pruche pour détendre les patients. C’est fantastique pour soulager leurs angoisses.

Et contre la fatigue ?

C’est le grand combat de la maladie. Car, il ne suffit pas de dormir, de se reposer, mais au contraire, il faut arriver à maintenir au mieux son activité physique. Quand on dit ça, les gens pensent tout de suite salle de musculation, course à pied… non… Il faut juste sortir et marcher un petit peu, choisir une activité qui fait du bien au corps et au cœur ;). Ça peut être du bricolage ou du jardinage par exemple. Il faut se fatiguer physiquement un peu pour ensuite mieux dormir et remettre en route ce rythme quotidien qui va lutter contre le sentiment de fatigue.

Ce qui va de pair avec l’activité physique, c’est l’alimentation. Quand on ne mange pas bien, on manque d’énergie, et c’est très compliqué car le cancer lui-même provoque la perte d’appétit. C’est alors extrêmement compliqué de trouver les aliments qui passent, les aliments qui vont donner de l’énergie, tout en étant sains. Chaque patient doit trouver sa propre solution en essayant, en goûtant… même si le goût peut parfois changer complètement ! Il faut pouvoir garder un apport en protéine pour que les muscles restent fonctionnels, notamment dans les tumeurs pulmonaires. Je conseille souvent de fractionner les repas, de prendre des petits en-cas et de boire beaucoup !

L’un des effets secondaires les plus traumatisants pour les patients est la perte des cheveux. Pour l’alopécie, que recommandes-tu ?

Dans l’hôpital où je travaillais, nous utilisions beaucoup le casque réfrigérant. En tant que médecin je ne donnais pas de conseils en ce qui concerne les shampoings ou les crèmes, mais l’important est d’éviter tous soins agressifs pour les cheveux. Je conseillais en revanche de prendre soin de soi avec des solutions esthétiques douces, pour l’estime de soi c’est très important.

Par rapport à l’entourage des patients, quels conseils pourrais-tu leur donner pour participer à améliorer le bien-être de leur proche ?

Tout dépend de la situation. Ce que je voudrais conseiller, c’est de créer un dialogue honnête le plus tôt possible. Même si ce n’est pas simple et que c’est triste, cela peut ouvrir de vrais échanges et un vrai soutien. Il faut savoir provoquer le dialogue : Comment te sens-tu ? Comment ressens-tu l’annonce des traitements ? De quoi as-tu besoin ? Il faut créer des occasions d’échange pour permettre le soutien… Certaines personnes ont besoin d’entendre « ne t’inquiète pas, ça va aller » car l’encouragement leur fait du bien. Mais dans beaucoup de cas, les patients ne peuvent pas entendre cela car non, ça ne va pas, et elles ont besoin de l’exprimer. Les phrases « bats-toi ! », « si tu ne te bats pas, ça ne va pas aller », peuvent être mal perçues car il est difficile d’être toujours au top, il faut parfois laisser la place à l’expression de ces moments de découragements, qui une fois exprimés peuvent être dépassés.

Merci Kirsten pour ton témoignage et tes conseils ! A bientôt 😉